Une exploration artistique du territoire
L’exposition Nos états des lieux fut présentée en première à La petite Place des Arts de St-Mathieu-du-Parc du 29 août au 5 octobre 2025
Nos états des lieux est une réflexion artistique sur notre territoire commun — à la fois physique, social, émotionnel. Enraciné dans la région mauricienne, ce projet du Rouge de Mars propose une lecture sensible de l’espace que nous habitons, des liens qui nous unissent à lui, et des enjeux qui s’y manifestent.
En tant qu’artistes vivant en milieu rural, nous sentons le besoin d’interroger ce qui façonne notre rapport au lieu : la transformation des paysages, les tensions entre conservation et développement, les héritages transmis, les gestes posés aujourd’hui qui marqueront demain. À travers une approche collaborative et incarnée, nous cherchons à donner forme à ces préoccupations en engageant une conversation entre matière, mémoire et communauté.
Nos états des lieux ne se veut ni manifeste ni solution, mais bien une tentative de présence attentive — un espace de création où le regard artistique devient outil d’écoute et de questionnement. Le processus de création s’est nourri de rencontres, de collectes, de gestes partagés avec les membres de notre communauté, notamment les enfants de l’école du village. L’art devient ici moyen de rassemblement, de transmission, et de dialogue autour d’enjeux qui nous concernent tous.













Liste des oeuvres
Strate A : 6600 mètres de paysage humain
Quatorze mois de patience, d’observation et de collecte au bord de la route sur 6 600 mètres, entre le lac Souris et La petite Place des Arts. Chaque vestige trouvé révèle une habitude, une trace, un geste répété au point de devenir invisible. Présentée comme une strate archéologique, cette accumulation raconte la lente sédimentation de nos gestes quotidiens et la façon dont, sans y penser, nous façonnons le sol et l’histoire de demain.

La barricade
Érigée comme un rempart, cette structure devient à la fois protection et ligne de fracture. Elle évoque les forces qui s’opposent, les limites que l’on dresse et le fragile équilibre entre ouverture et défense d’un territoire.

Défier la base
Trouver son équilibre n’est jamais un état figé : c’est un mouvement qui se réinvente sans cesse. Dans ce ballet accéléré où l’instabilité devient moteur, l’équilibre se négocie sans fin, entre le corps, l’espace, le temps… et le simple plaisir de se tenir debout.

Ce qui résiste encore
Sur des supports précaires, des corps oscillent, cherchent leur point d’appui. Entre déséquilibre et ténacité. Ce qui résiste encore saisit ces instants où l’on demeure debout, porté par ce qui, malgré tout, tient encore.

Les non-dits
Un geste répété couvre ou découvre la bouche, oscillant entre silence et parole. L’image invite à percevoir ce qui se joue dans ces silences, à percevoir la densité du non-dit dans nos liens et nos héritages.

Les traces
Alignement de gestes figés, mémoire en relief. Chaque main devient empreinte durable d’un contact éphémère, témoignant des liens que nous tissons et de l’empreinte que nous imprimons sur la terre et les autres.

Remerciements
- Aux inspirants élèves de l’école de la Tortue-des-Bois, qui ont fait preuve d’une grande générosité dans ce projet.
- À la direction, aux professeurs et aux employés de l’école de la Tortue-des-Bois pour leur participation active et leur indéfectible soutien. Merci aussi à Annie pour l’organisation du travail de création avec les classes.
- À tous les modèles adultes qui ont prêté leur main pour l’œuvre Trace : Julie, Franck, Josée, Louis, Hélène, Diane, Suzanne, Jasmyne, Juliana, Pauline, Roger, Evelyne, Marjoleine, Christophe, Flavie, Simone, Fontaine et Jean-Pierre.
- À Suzanne Guillemette, Marjoleine Leclerc et aux bénévoles de La petite Place des Arts pour votre présence et votre appui constant.
- Au CALQ et à la MRC de Maskinongé pour leur soutien financier dans le cadre de l’entente territoriale de la Mauricie.
- À Culture Mauricie pour le Coup de Pouce dans le développement des œuvres vidéo.
- À Bertrand Chénier pour la musique.
- À Ludovic Paré pour son aide au montage.
- À Franck et Mathieu Chaumanet pour leur aide au transport.
- Enfin, à la communauté de St-Mathieu-du-Parc et plus particulièrement à tous ceux qui ont jeté des vidanges ou qui ont perdu des morceaux sur bord du chemin Principal, du chemin St-Édouard et du chemin des Pionniers.



